Libye ? .. Libye ?

Par L.M.A.G, du Bulletin Montagnard de juin 2000

Mais pourquoi diable, aller là bas ? N'y a-t-il pas un certain colonel Kadafi ? L'affaire du DC 10 d'UTA ?... Si vous en avez l'occasion, empressez-vous d'emprunter le petit "Livre vert" vous y apprendrez tout un tas de choses intéressantes sur le socialisme islamique, la femme, les enfants et les petits poussins ! ! ! Baratin, baratin mais, et votre voyage dans tout ça ? Et bien si vous avez la chance de voyager avec "Hommes et Montagnes" vous serez accueilli à l'aéroport de ... Djerba par un charmant Libyen nommé Hamza. Mais, inutile de réviser votre italien, la langue de Shakespeare vous sera bien plus utile. S'ensuit une longue et interminable traversée de la Hamada Libyenne désespérément plate et monotone.

Heureusement qu'il y a quelques contrôles de police, plutôt succincts et les pause casse-croûte pour se dégourdir les jambes. Enfin, après plus de 1000 km d'excellentes routes, nous rencontrons notre guide, Jean Christophe (pisteur secouriste de Tignes) et là, les paysages et les visages sont transfigurés. Nous passons de la morne plaine, aux plateaux déchiquetés du Tassili n'Ajer. Enfin, notre méharée va pouvoir commencer. Fini l'hôtel confortable, il nous faut établir le camp, trouver du bois, et un busson pour la nuit. Nous voilà de suite dans l'ambiance. Une nuit légère (c'est fou le nombre de bruits qui peuvent passer à proximité du duvet), un réveil plus que matinal (c'est très long à charger des chameaux) et nous voilà partis... à pied. La caravane nous rejoindra un peu plus tard. Voilà enfin le moment tant attendu et redouté où nos chameliers Touareg nous affectent nos bêtes : et un chameau bien docile pour la petite dame au chèche blanc, et un autre plus fougueux pour le monsieur...

Impressionnante la première monte, mais qu'est-ce que l'on domine bien le paysage de là-haut. Voilà, nos 8 équipages sont constitue, à nous maintenant de nous en occuper. Les desseller et entraver midi et soir, aller les chercher au pâturage le matin, les seller, charger. Quant à la conduite, c'est encore autre chose. Les chameaux sont des animai plutôt grégaires et nos "oust-oust" et autres mouvements du pied sur l'encolure sont de piètre efficacité.

Voilà le décor planté, notre trek avance. Nous passons d'un oued à un autre tantôt par un col sablonneux, tantôt par un col rocailleux au rythme de notre caravane. Les parties pédestres se succèdent aux périodes de monte. Au passage, ici une girafe gravée dans la roche, là une scène de chasse peinte (les fameux tifinars), du sable, des rochers aux multiples couleurs et formes, sans oublier les nombreuses antilopes ou serpents et toujours des lieux secrets ou nos chameliers nous arrêtent pour établir le camp.

Les affaires déballées, les chameaux entravés, nous avons le temps pour une petite découverte personnelle des environs : fond d'oued, guelta, peintures ou farniente en attendant le retour du troupeau d'une famille nomadisant à proximité. Les paysages changes de jour en jour, tantôt plus ouverts, tantôt plus fermés, les dunes à proximité, les plateaux caillouteux, la forêt de pierres... et, Oh, rage, Oh, désespoir, Oh, les 4x4 venus à notre rencontre. L'heure du départ approche. Il nous reste encore quelques heures à profiter pour les dernières photos. Demain c'est la remontée cap au Nord. Fini les paysages fabuleux, fini nos chameaux et leurs véritables maîtres, nos chameliers Rissa, Akim ... adieu, Kader, notre gazelle de cuisinier, et bientôt fini notre joyeux groupe et ses papys blagueurs. Y retournerons-nous un jour ? voilà une bonne question. Ce n'est pas l'envie qui nous manque. Ce qui est sur, est que nous en ramenons de merveilleux souvenirs.

Demière minute : Hamada morne plaine n'est sans doute plus d'actualité. Il est très probable que vous atterrissiez directement à Gerwa, économisant ainsi 2 à jours de transit. Tant pis pour les ruines de Sabrata, mais tant mieux pour la méharée,

Méharée ? C'est quoi ce truc ?
C'est une randonnée sur le dos d'un chameau ou plutôt sur celui d'un dromadaire. Le chameau a deux bosses et se retrouve principalement en Asie ; le dromadaire se rencontre en Afrique et il n'a qu'une seule bosse. La selle se met devant la bosse et, après quelques acrobaties, beaucoup d'aide de la part des Touareg (Tanemmert Kader*) nous pouvons contempler l'immensité du désert. Non, on ne prend pas le mal de mer, donc on peut se laisser rêver à ressembler à Lawrence d'Arabie... !

* Tanemmert = mot Tamahaq qui veut dire Merci.