Ambiance "Goulotte" !

Par Laurent JULLY, du Bulletin Montagnard de octobre 2000

Levés de bon matin (2h tapantes !) pour un départ plus que matinal, mais comme on dit au village : la Montagne n'attend pas !

"P'tit déj" au Refuge de d'Alpe de Villar-d'Arène et rassemblement des troupes : c'est l'avant dernière journée du stage d'une semaine " autonomie terrain montagne " (juin 2000), organisé et encadré par Claude et Jean-René Minelli (GHM dans l'Oisans sauvage). Nous sommes 4 à être du CAF de Valence (les 2 frères Bogdanoff, Cathy et mes zigues) et 3 autres cafistes (un ancien du gaz et son V6, Flage et un représentant de la DDE). Au programme, le Pic de Chamoisières par la Goulotte Cret, course donnée D sur le topo mais qui ne vaut en réalité qu'une AD+ (dixit le Papa !).

Nous v'là donc partis, tous fringants et frais comme des gardons pour 2h30 de marche d'approche dans une nuit noire mais sous un ciel étoilé magnifique. Le rythme est régulier, et tout le groupe se retrouve à 5h00 au pied de la goulotte. Premier relais, et c'est parti pour 250 m de "grimpe" en revers, sur broches, coinceurs, pitons, friends .... c'est selon... et à choisir en fonction du terrain (à noter l'absense de cocotiers : c'est pas la saison !). Jean-René ouvre le bal avec sa charmante compagne de cordée en l'occurrence Cathy (il sait choisir ses seconds celui là !). L'ambiance dans la goulotte est tout à fait particulière. Imaginez un filet de neige, parfois de glace, à 50°, emprisonné entre deux barres rocheuses. La progression est très agréable malgré quelques chutes de glaçons dans cette ambiance assez austère. Etant partis léger avec le minimum, le principe est simple, à chaque fois que la cordée de tête se retrouve à poil....de matos nous faisons remonter le dit matos. Aux différents relais, lorsque l'occasion se présente, nous n'hésitons pas à contempler la vue imprenable : lever de soleil sur les aiguilles d'Arves et la mer de nuages qui encercle les sommets environnants situés en contrebas.

Après 2 petits passages en glace assez raides à mi-parcours, nous attaquons la dernière pente de neige, un peu plus large, jusqu'a la sortie en rocher. Fin du périple neige/glace, nous poursuivons par une petite arête de rocher facile jusqu'au sommet du Pic de Chamoisières. Nous profitons alors de la vue à 360° et du descriptif donné par le Papa. Mais il faut penser à la descente, et ne pas trop tarder car les pierres risquent de nous siffler aux oreilles. Bref, nous continuons en suivant le fil de l'arête. Le rocher est tantôt bon... tantôt un peu moins, il faut souvent tester les prises et savoir rester "group'here" dans les passages "craignosses". Nous arrivons ainsi au 3e gendarme qui donne accès à l'itinéraire de descente. Petite pause pour laisser la neige se réchauffer un peu et ainsi faire en sorte que la descente se passe dans les meilleures conditions possibles.

C'est les crabes aux pieds que nous "dévalons" la pente tout en restant vigilants quant à toute éventuelle glissade car au départ la pente reste tout de même assez raide. Après avoir atteints un rognon rocher "securit", nous nous désencordons et terminons la course en descendant chacun à son allure sur une pente de neige et un pierrier débonnaire (les bâtons ne sont pas de trop, n'est-ce pas Christobal !). Finalement nous nous rassemblons sur un replat herbeux pour savourer tous ensemble ce que nous venons de vivre et pour rêver à d'autres course qui se profilent à horizon !